Le Muqadam est celui qui confère les oraisons obligatoires et il est lui-même sous la responsabilité du Khalife (qui est la plus haute catégorie de Moqadem).

Il existe quatre catégories de Muqadam.

  • Deux catégories qui possèdent une autorisation limitée (Mouqayid) :

1- Dans la première catégorie, le Muqadam est  seulement autorisé à transmettre les oraisons essentielles de la voie + quelques Dhikr particuliers, mais sans pouvoir nommer de Moqadam.

2- Dans la seconde catégorie, le Muqadam est autorisé à transmettre les oraisons essentielles ou parfois avec quelques Dhikr particulier. De plus, il peut nommer des Muqadam, mais de façon limitée sans pouvoir dépasser un nombre désigné (tel le cas de Sidi Mohamed El Hafidh Chinguitti (qu’Allah l’agrée) qui fut autorisé par Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) pour dix nominations sans plus).

  • Deux catégories de Muqadam qui ont une autorisation sans limites (Moutlaq):

3- La première catégorie est autorisée à nommer des Moqadem sans limites dans le nombre, mais limitée dans la fonction, car ils ne peuvent transmettre que les oraisons essentielles et ainsi de suite.

4- La seconde catégorie possède les mêmes autorisations que pour la troisième catégorie, mais à la différence qu’il peut autoriser aussi pour les Dhikr particuliers et autres secrets. C’est la plus élevée des autorisations.

Concernant le terme Khalifat, il faut savoir avant tout que le terme Khalife en arabe signifie « représentant » ou « lieutenant ». De plus, au sein de la voie, ce terme a deux définitions suivant le contexte :

La définition dans le côté apparent et technique, c'est qu'il désigne le Muqadam possédant un diplôme d'autorisation de la quatrième catégorie, c'est-à-dire qu'il peut transmettre aussi bien les oraisons essentielles de la voie que les oraisons méritoires et particulières, mais il peut aussi nommer autant de Moqadem qu'il le veut. C'est souvent ce sens qui est utilisé pour désigner ceux qui ont cette responsabilité dans certains pays.

La définition dans son côté profond et spirituel, comme l’a mentionné Cheikh ‘Omar Foutiyou (qu’Allah l’agrée) dans son Rimah, c'est que ce terme désigne toutes les personnes ayant atteint la faculté spirituelle leur permettant de faire accéder leurs disciples là où Seïdina Ahmed Tijani (qu'Allah sanctifie son précieux secret) a fait accéder ses compagnons. Ils sont les serviteurs de la station de Seïdina (qu'Allah sanctifie son précieux secret) et ils possèdent un grade spirituel particulier et élevé.

 

QUALITES REQUISES DU MUQADAM

A notre époque où prolifère excessivement le nombre de Muqadam, il ne suffit pas d'avoir un titre le promulguant. Ce qui est demandé et reconnu ce sont les qualités et les conditions qui définissent cette fonction. A ce sujet, l’un des précédents Khalife général de la Tariqa Tidjaniya et également noble descendant de notre maître le Pôle Caché, Sidi Chérif ‘Ali Tidjani -qu’Allah lui fasse miséricorde a cité comme conditions du Moqadem :

- Se débarrasser des vices et acquérir les vertus.

- La connaissance des piliers dans les trois oraisons avec leurs conditions et leurs réparations.

- La connaissance de ce que doit faire un disciple avant de prendre la Tariqa et après y être entré.

- L’autorisation authentique obtenue par un détenteur de l’autorisation (Idhnou) dans cette Tariqa (même si c’est par un intermédiaire).

- La connaissance et la croyance ferme que la compagnie du Cheikh et son service n’est qu’en vue de deux choses : - La première c’est qu’en tant que Waly, Allah l’aime et l’a choisi et en raison de cela on se doit de l’aimer pour Allah - La seconde c’est que le Cheikh connaît la conduite que l’on doit adopter devant la Présence Divine et donc, être au service du Cheikh signifie être son disciple pour pouvoir être éduqué.

 - La connaissance des conditions de pureté dans toutes ses formes, celle concernant la pureté par l’eau ou la terre, celle concernant les habits, le corps et le lieu.

- Posséder les qualités religieuses et une bonne adoration.

- Être raisonnable, ce qui est la source de la science et du bonheur.

- Posséder l’indulgence, la douceur et la patience.

- Le savoir-faire dans la direction des disciples et fournir une bonne éducation.

- Ne pas convoiter les biens des gens, mettre sa confiance en Allah.

Le maître El Hadj Mouhammad FALL Ibn Baba, le Porte-parole de la Hadara At-Tidjaniya (qu’Allah l’agrée) a dit :

« Il est des qualités sans lesquelles le Muqadam ne saurait être un vrai Muqadam, sinon le Muqadam de lui-même. En fait, le Muqadam doit être d'un abord facile, souple, avoir les qualités morales de l'Envoyé de Dieu -paix et salut sur lui- aussi bien dans ses actes, dans ses propos que dans les rapports qu'il entretient avec les autres. Il doit être clément envers les adeptes, solidaire avec eux, les aider dans leurs problèmes quotidiens, fermer les yeux sur leurs insuffisances, dans la discrétion la plus parfaite et sans ostentation. Tout cela doit être observé de sa part dans le seul dessein de mériter l'agrément de Dieu, qui a dit au Prophète : « C'est grâce à la clémence venue de Dieu, que tu es souple envers eux […]» (Sourate 03 La famille d’Imran, verset 159)

Le rappel de ces points théoriques doivent constituer un repère et surtout un rappel pour ceux qui aiment tant clamer qu'ils sont Muqadam ou Khalife.

Le maître et Connaissant Hajj Malick Sy (qu’Allah l’agrée) a dit dans « Ifham Al Mounkir Al Jani… » : « […] D’autres hommes, à l’époque actuelle, s’érigent en éducateurs, en donnant le Ouird alors qu’on sait les conditions que doit réunir le Muqadam, tels qu’il ressortent des propos de l’Homme de Dieu Al Fasi, dans l’une de ses « Réponses », et qui consistent à se conformer à la Sunna du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en renonçant au monde et au prestige. Il a même laissé entendre que celui qui ne peut se conformer à la Sunna du Prophète Mohammed (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et ne renonce pas au monde et au prestige n’est même pas apte à être un bon disciple. Et s’il ne peut être un bon disciple, il ne pourra être un Muqadam pour les initier au Ouird. La conformation à la Sunna est la règle sur laquelle doit se fonder le fidèle ; et le renoncement au monde et à tout ce qui lui ressemble, tel que le prestige et l’amour de la préséance, en est le fondement. Et celui dont tels ne sont pas les objectifs alors qu’il aspire à un tel dessein, n’est qu’un imposteur, un menteur […] »

Le véritable Khalife n’est pas celui qui le prétend, mais c’est d’abord et avant tout celui qui est considéré comme tel auprès d’Allah (Glorifié et Exalté), de Son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret).

Si tel n’est pas le cas, alors l’épée de jalousie de sa station tranchera le cou à tous ceux qui oseraient œuvrer par prétention, comme l’a dit Seïdina Ahmed Tijani :

« Mon épée est suspendue dans les airs, tous ceux qui veulent élever leur tête, elle leur tranche. »